Je suis assis, bien sagement, les mains posées négligemment sur les genoux, quelqu'un à ma droite, quelqu'un à ma gauche...le rang d'en façe a l'air bien garni lui aussi...

Bruits de chaises, chuchotements, toussotements, quelques rires...

Je n'ai pas envie de parler...d'ailleurs la règle ici c'est le silence...

Je parcours la salle des yeux : « ...tiens, Untel, il a oublié de cirer ses souliers, il a dû venir directement de son chantier....Ah, Machin, il y avait longtemps que je ne l'avais pas vu, il est bien pâle...Sourire rendu à mon voisin de gauche, je le trouve très con...mais je ne le lui dirais pas...d'ailleurs il pense peut-être la même chose de moi....en plus, elle est ridicule sa cravate... »

Les murmures s'estompent...Le temps s'arrête...

Et la musique démarre, doucement, onctueusement....elle se faufile entre les pavés mosaïques et s'élève jusqu'à la voûte étoilée...elle passe directement dans mes veines, je la bois, elle m'enivre, elle me calme...mon coeur se vide, mon esprit flotte, je ne pense plus à rien et, oui, j'ose le dire : c'est le moment que je préfère...enfin, que je préfèrais...

Quelques uns n'aiment pas la musique, ils la trouvent inutile, leurs paupières se font vite lourdes....mais je les soupconne de ne dormir que d'un oeil...

Les notes s'envolent, se poursuivent et se rattrapent pour donner une harmonie parfaite ...ce n'est pas beau, c'est "plannant"...

Mais la musique n'est qu'une entrée et le grand chef, sur son estrade, a envie d'entamer l'ordre du jour : dommage je me serais bien passé du plat de résistance ce soir !...

Bien sûr, ce n'est pas de Brahms qu'il s'agit, c'eut été trop facile !

Qui me donnera le nom du compositeur et le morceau interprété?