Il était une fois, il y a longtemps, un petit garçon...
Quand, le soir venu, il était triste ou se sentait seul, il ouvrait tout grand la fenêtre et les volets de sa chambre pour s'enfuir dans les étoiles.
Arcturus, du plus beau jaune, Véga qui s'illumine dès que le ciel s'obscurcit, Cassiopée, le Cygne, l'Etoile Polaire...
Mais c'est la Grande Ourse qu'il préférait, elle était toujours là, quelle que soit la saison...
Majestueuse et protectrice, avec son petit, pas très loin derrière.
Il l'aimait parce qu'elle lui rappelait sa grand-mère : « elle est partie au ciel », lui avait-on dit...
Et, regardant la photo jaunie, il se rappelait les moments de gros chagrin où elle le prenait dans ses bras et le berçait doucement, en chantonnant...
Comment ne pas se souvenir de cette chanson que le petit garçon avait rêvé d'écrire :
« As-tu vu la Grande Ourse et son chariot d'étoiles, qui roule sur la nuit sa charge de frissons...et connais-tu la joie du soleil qui étale l'argent de la cascade et l'or de la moisson... connais-tu mon ami le miel du chèvrefeuille... et la saveur des foins et l'odeur des sentiers...qu'un vent de quelque part le soir caresse et cueille... »
Quelquefois encore, quand le sommeil tardait à venir, elle lui lui racontait pour la centième fois la légende de CALLISTO :
"Après que ZEUS, en colère, eut transformé son père en loup, la petite nymphe CALLISTO trouva refuge auprès des nymphes d'ARTEMIS qui se vouaient à la chasse et à la chasteté.
Elle aurait pu vivre en paix dans la forêt avec elles mais ZEUS tomba amoureux et, à son corps défendant, elle dû succomber à ses assiduités;
Les nymphes la chassèrent alors de leur groupe et, cachée dans les bois, elle mis au monde, toute seule, un beau petit garcon, ARCAS;
Furieuse, HERA, l'épouse de ZEUS, la transforma immédiatement en Ourse.
Le pauvre animal erra dans la forêt et un jour tomba nez à nez avec son fils qui, de peur, voulut la frapper avec son javelot.
Pour éviter tout souçi ZEUS envoya alors CALLISTO dans les étoiles où elle fût bientôt rejointe par ARCAS sous les traits d'un petit ourson.
Rancunière, Hera intervint alors auprès de POSEIDON, le Dieu de la Mer, pour l'empêcher de se coucher dans les eaux de l'océan.
Depuis la Grande Ourse tourne autour du pôle sans jamais pouvoir se reposer..."
Elle essuyait les perles qui coulaient sur les joues du petit garçon et celui-ci, tranquille, apaisé, fermait les yeux et s'endormait...